John Coltrane – Blue Train

coltrane-bluetrainAnnée de parution : 1958

Édition : CD, Blue Note – 1997

Style : Jazz, Hard-Bop

Note : ★★★★½

Il faut bien commencer quelque part avec les géants de la musique qui ont des discographies titanesques et exhaustives. De mon côté, j’ai débuté mes « coltraneries » avec ce Blue Train, seul disque studio du grand John enregistré pour la célèbre étiquette Blue Note records.  J’avais commandé ce CD en 2000-2001 (sur le défunt club Columbia, never FORGET !) alors que je commençais à peine à m’initier au Jazz. J’avais déjà les deux pieds dans la disco de Miles Davis (encore plus exhaustive celle-là ; mais pas moins géniale) et je trouvais le saxophoniste vraiment débilement bon. Il était temps que je me frotte à ce que Coltrane pouvait faire comme leader au sein d’un groupe. Heureusement, on peut difficilement faire un meilleur choix que de commencer avec ce petit bijou de Hard-Bop !

Blue Train est le premier véritable album de la carrière perso de John. En fait, outre ses contributions légendaires au sein du premier quintet de Miles, il avait aussi enregistré des trucs parus sous son nom mais les conditions étaient moches (musiciens imposés) et le coeur n’y était pas. Ces sessions étaient surtout alimentaires… si on peut considérer l’alcool et l’héroïne comme partie intégrante du guide alimentaire américain de l’époque… Ce train d’azur serait donc le premier grand « statement » de Coltrane en temps que chef de meute. Toutes les compositions sont de lui (à part une très belle reprise de la ballade « I’m Old Fashioned ») et il a choisi personnellement tous les musiciens de session. À côté de John au sax ténor, on y retrouve les expérimentés Kenny Drew (piano) et Philly Joe Jones (batterie) ainsi que des petits jeunots pas piqués des vers : Lee Morgan (trompette), Curtis Fuller (trombone) et Paul Chambers (basse). Un line-up de feu composé de musiciens solides en crissss. Là-dessus, on peut dire que Coltrane s’est inspiré du modus operandi de son compère Miles Davis, qui savait s’entourer des meilleurs et les encourager à se dépasser et à prendre le plus de place possible.

Le disque débute par la pièce-titre. Raaaah, cette intro ! Du tout bon. Le mood est très proto Kind of Blue. Nocturne, brumeux, clope à la gueule, film noir. Rapidement, on part sur un solo de Coltrane pétrifiant de bonheur.  La maitrise de ce mec est bluffante. Et dire qu’il n’est qu’au début de l’élaboration de son vocabulaire sonore (on est encore bien loin de la période Impulse!). John est ensuite relayé par un Lee Morgan en pleine possession de ses moyens (alors qu’il n’a alors que 19 ans !). S’ensuit un solo de trombone très inspiré de son acolyte Curtis Fuller. Le bluesy Kenny Drew vient colorer la musique d’une remarquable façon (bleu foncé, comme il se doit). La section rythmique est une assise véloce à travers tout cela. Grand titre que voilà !

Le reste de l’album n’est pas en reste : « Moment’s Notice », « Locomotion », « I’m Old Fashioned » et surtout le titre de cloture, « Lazy Bird » (qui démarre en trombe avec la plus belle contribution de Morgan au disque) sont de grands moments de bonheur pour tout fan de jazz qui se respecte.

Un disque important qui représente l’envol de la carrière du Trane ; qui, dans les années suivantes, s’évertuera à réinventer totalement tous les codes de ce genre musical fascinant, le réinventant même pour en faire quelque chose de totalement autre (une expérience spirituelle oserais-je dire). Un MUST-HAVE pour tout mélomane !

coltrane

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